Lundi 4 janvier 2010
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16:13
« Qu'étais je venue faire dans ce coin perdu finalement? Pourquoi cette forêt ? A quoi bon ? Qu'étais venue chercher
ici ? »
J'errais péniblement, mes pensées se bousculant dans ma tête...Je parlais parfois à voix basse, sans même entendre ma
voix. Je ne savais plus qui j'étais, je ne ressentais plus la pluie sur les cheveux, ou le froid s'engouffrant dans mon manteau, que je n'avais pas pris soin de fermer... J'étais en souffrance,
je n'étais d'ailleurs plus que souffrance, le vide en moi me consumait.
La nuit commençait à tomber, et les grandes silhouettes noires des arbres se dressaient autour de
moi.
C'était dans cette ville que le drame avait eu lieu. C'était la seule raison pour laquelle j'étais venue jusqu'ici...
pour voir ce qu'il avait vu dans les dernières minutes de sa vie.
Par Malycia
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Lundi 4 janvier 2010
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Lauren était venue chez nous très tard hier soir... ça m'avait surprise, ce n'était vraiment pas dans ses
habitudes...
J'étais en train de préparer le plat préféré de mon amoureux italien, des lasagnes maison, quand on a sonné à la
porte. Ca ne pouvait pas être Léo, il ne rentrerait pas avant 23h... affamé, puisque sa réunion d'affaire se terminerait tard, et qu'avec ses deux heures de route, il préfèrerait ne pas
s'attarder pour manger...Il voulait être rentré chez nous le plus tôt possible.
En cuisinant, je l'imaginais au volant de son audi blanche, qu'il s'était offert quelques semaines plus tôt. Banquier,
il avait eu l'opportunité de jouer un magnifique coup en bourse. Il avait payé une partie de notre appartement, la voiture de ses rêves et m'avait offert un bijou magnifique. Je portais le
collier tous les jours, fière de ce qu'il représentait, à la fois matériellement et symboliquement. Les deux cœurs en or blanc entrelacés nous représentait, lui et moi, unis, pour
toujours.
En rentrant ce soir là, il m'offrit un bouquet de roses rouges et sortit un petit écrin rouge, lui
aussi.
« Ti amo », m'avait il murmuré tandis qu'il m'enlaçait.
« Moi aussi je t'aime »lui avais je répondu en lui caressant doucement la nuque, tandis que nous nous regardions dans
les yeux, nos fronts collés l'un contre l'autre, nos nez se frôlant doucement.
Il était magnifique, d'une beauté délicate, le visage plein de tendresse et d'amour. Brun aux yeux noisettes, il était
plus grand que moi. Mince et musclé, sa peau était douce comme du satin et j'aimais m'endormir dans ses bras protecteurs.
Il parlait avec un accent italien, bien qu'il fut à Seattle depuis ses 10 ans. Comme moi, il n'avait plus de parents,
ils étaient décédés dans des circonstances floues, ils sembleraient qu'ils se soient « simplement » volatilisés. Après une longue enquête, la police italienne avait décidé de classer le dossier
sans suite, n'ayant aucun indice, aucune trace et aucun témoignage. Ils avaient conclu à une probable mort en montagne... Ses parents étant mordus de ski de fond, peut être avaient ils péri dans
une avalanche ?
Il s'était donc envolé pour les Etats Unis, où vivait son unique et dernière grand mère. Malheureusement ces deux là
ne s'entendaient pas, sa grand mère n'ayant jamais accepté que son fils unique ne se marie avec une italienne. Quand elle avait reçu le faire part de naissance, elle l'avait découpé en mille
petits morceaux puis leur avait réexpédié. Se fut donc avec un immense soulagement partagé qu'il vit arriver son 18ème anniversaire. Il prit un petit studio et finit ses études. Quelques moi plus
tard, il accepta un poste en bas de l'échelle dans une banque renommée. Puis il monta doucement mais surement quelques échelons.
Par Malycia
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Mardi 5 janvier 2010
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16:49
Je l'imaginais donc se relaxant en conduisant, écoutant de la musique, et rêvant au moment de nos retrouvailles. Nous
étions mariés depuis 8 mois seulement, mais depuis 1 an il illuminait ma vie. Je l'avais rencontré par hasard dans un bar, alors que nous sortions en célibataire avec Lauren ; ma meilleure amie.
Elle m'avait organisé cette soirée pour mes 19 ans, sachant bien que je les fêterais pas si elle n'était pas là. ..
Abandonnée depuis ma naissance par des parents trop jeunes pour assumer leurs responsabilités, j'avais grandit en
foyer d'accueil. Solitaire, indépendante, et limite asociale, je ne comprenais même pas qu'on puisse essayer de me trouver une « famille d'accueil ». Je devenais donc extrêmement désagréable
lorsque l'on me présentait une famille prête à tenter l'aventure de l'adoption. Je compris très tôt que ma famille serait celle que je me créerai une fois adulte.
Bizarrement, la vie en foyer ne me pesait pas, je savais que ça ne serait qu'un passage de ma vie. A 18 ans, je fis
mon sac et partit heureuse dans « l'aventure Seattle », comme je l'appelais. Je trouvais une modeste place de vendeuse dans un magasin de vêtements en plein centre de Seattle. Mon petit studio,
que je devrais plutôt appeler chambre de bonne d'ailleurs, était excentré, et je devais faire un long trajet en bus matin et soir. Malgré tout, j'étais heureuse. C'était le commencement d'une
nouvelle vie tout simplement.
J'avais rencontré Lauren sur mon lieu de travail. Jolie poupée blonde, elle était coquette, séductrice et
terriblement... tête en l'air ! Je la considérais comme ma sœur, et je l'adorais. Nous ne passions pas une journée l'une sans l'autre, et si nous ne pouvions pas nous voir, nous parlions une
heure au téléphone... un véritable coup de foudre d'amitié !
« Bon anniversaire ma belle ! « s'était elle écriée alors que j'ouvrais la porte sur mon amie.
« Oh, c'est adorable lui dis je avec sincérité en la laissant entrer.
Par Malycia
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Mardi 5 janvier 2010
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17:02
Elle était particulièrement jolie ce soir, elle avait remontée ses cheveux en un chignon faussement décoiffé, qui
faisait tomber sur son visage de petites mèches blondes. Elle portait une jolie robe noire à peine décolletée, qui lui allait comme un gant.
« Et bien, quelle classe ce soir ! lui dis je en la regardant, tout sourire.
« Ce n'est pas tous les jours que nous fêtons tes 19 ans ma chère ! me répondit elle.
Elle me tendit un paquet beige, que je pris malgré mon étonnement.
« Il ne fallait pas enfin, Lauren ...!
Arrête, vas y, ouvre ! tu ne peux décemment pas sortir ce soir habillée comme ça !
Certes, elle avait raison. Mon jean était usé jusqu'à la corde, mais je l'adorais, et mon t-shirt noir était joli,
mais simple, et déjà porté des dizaines de fois... J'adorais les fringues pourtant, mais mon maigre salaire ne me permettait pas trop de dépenses superflues.
J'ouvrais doucement le paquet et n'en croyait pas mes yeux. Un magnifique bustier noir était soigneusement plié sur un
jean clair. L'ensemble provenait de la vitrine d'un magasin voisin du notre, Jessie's clothes. Ce n'était pas un simple magasin, mais une boutique de créateur. Je bavais chaque jour d'envie en
regardant la devanture, tout y était simplement exceptionnel... ! Mais aussi très cher.
« Mais enfin, tu es folle ! Ca coûte une petite fortune ! je ne peux pas... »
Elle me coupa, un large sourire aux lèvres.
« Je savais que tu dirais ça, mais arrête, pas de souci... je voulais vraiment te faire plaisir, et mes parents m'ont
donné un peu d'argent ces derniers mois. Ca me fait vraiment plaisir de te faire plaisir... ! Et puis on va pouvoir aller faire la fête ce soir, allez, file te changer ! »
« Merci Lauren, merci, vraiment ! »
Lauren était fille unique, son père était policier et sa mère enseignante. Ils avaient une vie confortable sur Seattle
et Lauren vivait encore chez eux, malgré le fait qu'elle soit déjà sur le marché du travail.
Je supposais qu'elle n'avait pas encore envie de voler de ses propres ailes, et que la solitude la rendait un peu
anxieuse. Après tout, elle avait grandit au cœur d'une famille soudée et aimante... elle...
J'enfilais dans un soupir de plaisir mes nouveaux vêtements. Elle me connaissait sur le bout des doigts, la taille
était parfaite. Le tissu était à la fois beau, confortable et raffiné... en me regardant dans le miroir, je jubilais.
« Tu as le bonjour de mes parents au fait ! reprit elle. Ils te souhaitent un joyeux anniversaire et voudraient
t'inviter à déjeuner à la maison le week-end prochain ! »
« Tes parents sont adorables, lui répondis je en sortant de derrière le meuble qui me sortait d'armoire (ma chambre
était si petite qu'il était presque impossible de trouver un coin un peu intime) Alors, comment tu me trouves ?
« Parfaite, ça te va à ravir ! »
J'attrapais mon sac et en ouvrant la porte lui dit « allez viens, c'est moi qui t'invite ! »
Par Malycia
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Mardi 5 janvier 2010
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17:23
Nous arrivâmes au centre de Seattle bien plus vite que lorsque j'y allais en bus... Une voiture, voilà ce que je
comptais m'acheter le plus vite possible !
Ele s'engouffra dans un parking souterrain, mais contre toute attente, il y avait beaucoup de monde, et peu de places
libres. Nous fîmes le tour du premier sous sol, complet, puis du second, suivant une fille de voitures qui cherchaient elles aussi à se garer.
« Pfffffff... soupira mon amie. Ce n'est même pas la peine d'espérer trouver une place ici.
« Mmmmmmmh... lui répondis je, pas très bavarde, concentrer à surveiller la moindre voiture susceptible de
partir.
Pourtant, juste devant la voiture qui nous précédait, une place se libéra. Lauren râlait, et j'en faisais de même... A
deux secondes près, elle était pour nous !
Tout à coup, avant que Lauren ou moi ne puisse réagir, les feux de recul de la voiture juste devant nous s'allumèrent.
Elle recula sur nous brusquement, et dans un bruit sourd nous percuta. Bien sur, nous étions à l'arrêt, elle, reculait à une vitesse relativement modérée, aucun de nous n'était donc
blessé.
Je sortais de la voiture quelque peu agacée et alla voir le pare choc.
« Mais c'est pas vrai, je rêve ! »
Un homme descendit de la voiture, il semblait tout juste sortir de son travail malgré l'heure tardive., vêtu d'une
costume foncé et d'une cravate assortie.
« Je suis vraiment désolé dit il en s'approchant, l'air fatigué.
On aurait dit que le ciel venait de lui tomber sur la tête.
« Mais enfin, quand on recule, on regarde ou on va ! » répondis je du tac au tac.
Mon amie sortit de la voiture, hébétée par le choc de « l'accident ». Quand elle regarda l'avant de sa voiture, elle
lâcha un petit gémissement avant de placer sa main droite sur sa bouche.
« Mon père va me tuer ! »
« Ce n'est pas ta faute ! Monsieur ne regarde pas où il va ! »
A mieux y regarder il n'était pas si vieux pour que je l'appelle Monsieur. Peut-être avait il 3, 4, 5 ans de plus que
nous ? A nouveau il s'excusa platement et je me radoucis. Ceci dit, il pouvait bien être désolé, le pare choc de Lauren gisait par terre et un phare était cassé.
Des voitures klaxonnèrent derrière nous. Évidemment, nous gênions, bloquant l'imposante file de voitures recherchant
une place.
« Sortons, dit il, vous pouvez me faire confiance, je me garerai en double file à la sortie du parking »
Par Malycia
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