Mercredi 6 janvier 2010
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23:06
POV Emma.
Je courais.
Droit devant moi. Sans savoir où j'allais.
J'évacuais.
Toute cette tension accumulée, ces images qui m'obsédaient, ce poids qui m'étouffait.
Je ne pleurais pas.
La pluie s'en chargeait pour moi, mes joues ruisselaient, mes cheveux étaient trempés.
Je n'avais pas froid, bénéfice de ma condition... Mais je brulais de
l'intérieur. Quelques minutes auparavant, j'étais au bord de l'explosion. Je me sentais mieux, même si j'étais encore submergée par mes émotions.
Je pensais réellement ce que je venais de dire à Edward. J'aurais du rester en dehors de leurs vies. A tous. A Léo aussi... Il n'était pas encore trop tard pour sortir de celles des Cullen...
Je l'entendis arriver derrière moi. Sans me tourner vers lui, je lui dis:
- Qu'est ce que tu viens faire ici ?
- M'excuser, me répondit Jasper.
- Pourquoi ?
- Parce que tu es une idiote... et que je suis un imbécile.
Malgré moi, je souris. Quelle entrée en matière !
Je me retournais, il se tenait devant moi, tout aussi trempé que moi.
- Tu ne comprends rien Emma. Tu es aveuglée par ta souffrance, le reste n'a aucune importance pour toi. Tu es entrée dans nos vies maintenant et tu dois l'assumer. Alice t'adore, Bella, Rosalie, Esmé, toutes t'ont accueillie à bras ouvert ! Tu veux partir, tu nous mens... et quoi ? Et nous ? Nous devrions rester sans rien faire ? Sans réagir ?
- Tu es vraiment venu jusqu'ici pour me dire ça...? Je crois que ce n'est pas uniquement ça que tu penses, non ? Pourquoi est ce que le courant ne passe pas vraiment entre nous ?
Ses discours moralisateurs m'agaçaient prodigieusement. La colère
montait une fois de plus en moi. Une onde de calme me traversa.
- Et cesse un peu ta manipulation ! Ca va Jasper, je peux me contrôler ! J'ai quand même le droit d'être en colère !
La pluie s'était intensifiée. Nous étions maintenant complètement
trempés. Nous n'entendions plus les bruits de la forêt, juste les gouttes de pluie qui tombaient en cadence sur les feuilles des arbres.
- Je n'ai pas l'habitude de me confier.
Il fit quelques pas autour de moi. J'attendis, il s'arrêta mais resta
silencieux.
- Essaie toujours, ça restera entre nous.
Dans un mouvement leste, il vint se planter juste devant moi. Il me
semblait subitement fragile, là, devant moi, complètement trempé au milieu de cette forêt.
- Vraiment Emma, je tiens à toi. Mais... j'ai du mal à communiquer avec toi...
Il semblait vraiment désolé. Il n'était plus agressif, comme il avait pu
l'être quelques minutes plus tôt.
- Sais-tu combien c'est difficile pour moi de te voir faire tes choix ? Moi qui ai assassiné tant d'innocents, moi qui ait encore tant de mal à me maitriser au contact des humains. Tu détiens un pouvoir que j'ai toujours rêvé d'avoir. Changer mon passé, réussir à me pardonner, après toutes ses vies détruites...
Mon attention se focalisa sur les fines cicatrices qui marquaient son
visage. Il baissa les yeux.
- Comme tu le vois, ma peau porte les stigmates de cette sombre période... J'ai du mal à accepter que tu aies cette chance, et pas moi... Si je pouvais revenir en arrière, je changerais tout ça... Tout, sauf ma rencontre avec Alice, et avec ma famille...
Je restais sans voix... J'articulais un faible « je suis désolée ». Un silence s'installa entre nous, puis son visage se détendit et il me sourit.
- Voila, tu sais tout... je n'ai rien contre toi, mais j'ai du mal à te voir hésiter, et souffrir en te posant trop de questions... J'accepte aussi mal le fait que tu puisses accepter de mourir pour Léo... parce que tu nous laisserais, nous... Alice t'adore, et je ne veux que son bonheur... Rentrons maintenant.
- Je vais rester encore un peu ici. J'ai besoin de réfléchir...
- Je m'excuse aussi pour ce que je t'ai dit tout à l'heure... je pense que tu es capable de sauver Léo... et je te respecte beaucoup pour cela. Tu es courageuse, tenace, et têtue.
- Je te demande pardon moi aussi... J'ai touché à un point sensible, je m'en excuse... Je souhaite vraiment que ce soit le début d'une vraie relation de confiance entre nous... plus de secret, de rancœur ou d'hésitation. Plus de dispute non plus.
- Entendu, je suis d'accord.
Il s'éloigna pour rentrer chez nous, puis s'arrêta avant de dire :
- Nous sommes vraiment francs l'un envers l'autre dorénavant ?
- Oui... ?
La pluie avait cessée, et les rayons d'un faible soleil tentaient de
percer la couche épaisse des branches des arbres. Nous étions tous deux toujours complètement trempés.
- Alors laisse-moi te dire que tu es une idiote.
Je le regardais, surprise. Un sourire aux lèvres, il revint vers moi en
ajoutant :
- Tu t'obstines à réfléchir seule, à prendre tes décisions seule, à
vouloir tout gérer seule... Or, tu ne l'es plus... Nous sommes là, tu as une famille... Nous pouvons t'aider à choisir le bon moment pour sauver Léo, nous pouvons même venir avec toi... D'infinies possibilités s'offrent à toi ! Cesse de nous mettre de coté, au moins le temps où tu resteras près de nous...
- Tu as sans doute raison... mais je ne sais pas encore ce que je vais faire... Rester avec vous ou m'en aller... je peux encore vous protéger, sortir de vos vies, tout simplement... Pour Léo, c'est déjà trop tard pour sortir de sa vie... Mais je ne renoncerais pas à le sauver... Je ne veux pas faire la même erreur deux fois de suite... S'il vous arrivait quelque chose, je ne le supporterais pas...
- Nous tenons tous à toi...
- ... et je tiens à vous.
- Je crois que j'ai une idée. Rentrons, je t'expliquerai tout à la maison.
Indécise quant à mon départ, et curieuse de savoir de quoi il en retournait, je le suivis.
Je courais.
Droit devant moi. Sans savoir où j'allais.
J'évacuais.
Toute cette tension accumulée, ces images qui m'obsédaient, ce poids qui m'étouffait.
Je ne pleurais pas.
La pluie s'en chargeait pour moi, mes joues ruisselaient, mes cheveux étaient trempés.
Je n'avais pas froid, bénéfice de ma condition... Mais je brulais de
l'intérieur. Quelques minutes auparavant, j'étais au bord de l'explosion. Je me sentais mieux, même si j'étais encore submergée par mes émotions.
Je pensais réellement ce que je venais de dire à Edward. J'aurais du rester en dehors de leurs vies. A tous. A Léo aussi... Il n'était pas encore trop tard pour sortir de celles des Cullen...
Je l'entendis arriver derrière moi. Sans me tourner vers lui, je lui dis:
- Qu'est ce que tu viens faire ici ?
- M'excuser, me répondit Jasper.
- Pourquoi ?
- Parce que tu es une idiote... et que je suis un imbécile.
Malgré moi, je souris. Quelle entrée en matière !
Je me retournais, il se tenait devant moi, tout aussi trempé que moi.
- Tu ne comprends rien Emma. Tu es aveuglée par ta souffrance, le reste n'a aucune importance pour toi. Tu es entrée dans nos vies maintenant et tu dois l'assumer. Alice t'adore, Bella, Rosalie, Esmé, toutes t'ont accueillie à bras ouvert ! Tu veux partir, tu nous mens... et quoi ? Et nous ? Nous devrions rester sans rien faire ? Sans réagir ?
- Tu es vraiment venu jusqu'ici pour me dire ça...? Je crois que ce n'est pas uniquement ça que tu penses, non ? Pourquoi est ce que le courant ne passe pas vraiment entre nous ?
Ses discours moralisateurs m'agaçaient prodigieusement. La colère
montait une fois de plus en moi. Une onde de calme me traversa.
- Et cesse un peu ta manipulation ! Ca va Jasper, je peux me contrôler ! J'ai quand même le droit d'être en colère !
La pluie s'était intensifiée. Nous étions maintenant complètement
trempés. Nous n'entendions plus les bruits de la forêt, juste les gouttes de pluie qui tombaient en cadence sur les feuilles des arbres.
- Je n'ai pas l'habitude de me confier.
Il fit quelques pas autour de moi. J'attendis, il s'arrêta mais resta
silencieux.
- Essaie toujours, ça restera entre nous.
Dans un mouvement leste, il vint se planter juste devant moi. Il me
semblait subitement fragile, là, devant moi, complètement trempé au milieu de cette forêt.
- Vraiment Emma, je tiens à toi. Mais... j'ai du mal à communiquer avec toi...
Il semblait vraiment désolé. Il n'était plus agressif, comme il avait pu
l'être quelques minutes plus tôt.
- Sais-tu combien c'est difficile pour moi de te voir faire tes choix ? Moi qui ai assassiné tant d'innocents, moi qui ait encore tant de mal à me maitriser au contact des humains. Tu détiens un pouvoir que j'ai toujours rêvé d'avoir. Changer mon passé, réussir à me pardonner, après toutes ses vies détruites...
Mon attention se focalisa sur les fines cicatrices qui marquaient son
visage. Il baissa les yeux.
- Comme tu le vois, ma peau porte les stigmates de cette sombre période... J'ai du mal à accepter que tu aies cette chance, et pas moi... Si je pouvais revenir en arrière, je changerais tout ça... Tout, sauf ma rencontre avec Alice, et avec ma famille...
Je restais sans voix... J'articulais un faible « je suis désolée ». Un silence s'installa entre nous, puis son visage se détendit et il me sourit.
- Voila, tu sais tout... je n'ai rien contre toi, mais j'ai du mal à te voir hésiter, et souffrir en te posant trop de questions... J'accepte aussi mal le fait que tu puisses accepter de mourir pour Léo... parce que tu nous laisserais, nous... Alice t'adore, et je ne veux que son bonheur... Rentrons maintenant.
- Je vais rester encore un peu ici. J'ai besoin de réfléchir...
- Je m'excuse aussi pour ce que je t'ai dit tout à l'heure... je pense que tu es capable de sauver Léo... et je te respecte beaucoup pour cela. Tu es courageuse, tenace, et têtue.
- Je te demande pardon moi aussi... J'ai touché à un point sensible, je m'en excuse... Je souhaite vraiment que ce soit le début d'une vraie relation de confiance entre nous... plus de secret, de rancœur ou d'hésitation. Plus de dispute non plus.
- Entendu, je suis d'accord.
Il s'éloigna pour rentrer chez nous, puis s'arrêta avant de dire :
- Nous sommes vraiment francs l'un envers l'autre dorénavant ?
- Oui... ?
La pluie avait cessée, et les rayons d'un faible soleil tentaient de
percer la couche épaisse des branches des arbres. Nous étions tous deux toujours complètement trempés.
- Alors laisse-moi te dire que tu es une idiote.
Je le regardais, surprise. Un sourire aux lèvres, il revint vers moi en
ajoutant :
- Tu t'obstines à réfléchir seule, à prendre tes décisions seule, à
vouloir tout gérer seule... Or, tu ne l'es plus... Nous sommes là, tu as une famille... Nous pouvons t'aider à choisir le bon moment pour sauver Léo, nous pouvons même venir avec toi... D'infinies possibilités s'offrent à toi ! Cesse de nous mettre de coté, au moins le temps où tu resteras près de nous...
- Tu as sans doute raison... mais je ne sais pas encore ce que je vais faire... Rester avec vous ou m'en aller... je peux encore vous protéger, sortir de vos vies, tout simplement... Pour Léo, c'est déjà trop tard pour sortir de sa vie... Mais je ne renoncerais pas à le sauver... Je ne veux pas faire la même erreur deux fois de suite... S'il vous arrivait quelque chose, je ne le supporterais pas...
- Nous tenons tous à toi...
- ... et je tiens à vous.
- Je crois que j'ai une idée. Rentrons, je t'expliquerai tout à la maison.
Indécise quant à mon départ, et curieuse de savoir de quoi il en retournait, je le suivis.
