Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 15:23
Alors que nous nous garions juste derrière lui, je le vis sortir de sa voiture. Je n'avais pas fait attention tout à l'heure, tant j'étais en colère pour Lauren... Je m'étais radoucie, et je le regardais vraiment. Il était terriblement séduisant... ! Typé latinos, brun, corps svelte, il me semblait voir des yeux noisettes malgré la faible luminosité de la rue.
« Nous pourrions reprendre de puis le début, dit il en s'avançant vers nous. Son faible accent italien, si minime que je ne le découvris que maintenant, me fit frissonner. Je m'appelle Léo Matthews, et je vous prie encore une fois de m'excuser... je pensais à autre chose, je ne vous ai pas vu pour être franc. Bien sur, nous allons faire un constat dans les règles et tout est pour moi de toutes façons, vu les circonstances dans lesquelles je vous ai percutées.
« Lauren, lui dit mon amie et s'avançant pou lui serrer la main, et voici mon amie Emma. Ce n'est pas grave pour la voiture, enfin, si, mais si vous prenez tout en charge, c'est parfait » Il lui serra la main puis la mienne. Elle était tiède, douce et ferme.
Alors qu'il sortait les papiers de sa voiture, je regardais Lauren et lui fit un regard qui en dit long... elle me répondit avec le même regard, qui signifiait qu'elle était bien d'accord avec moi... Ce mec était un apollon !
« Il te regarde toi, me souffla t'elle alors qu'il était encore dans la voiture, à chercher je ne sais quoi.
Je releva la tête et nos regards se croisèrent. Je détournais mon regard, mais je pus vérifier que oui, elle avait raison, c'était bien moi qu'il regardait.
« Je crois bien que j'ai oublié mes papiers chez moi, cria t'il de sa voiture. Ca vous dirait que venir boire un café à la maison ? nous ferons toute la paperasse la bas ! »
Lauren me fit un signe de tête pour acquiescer sa proposition. J'en fis de même.
« D'accord répondit elle. Où habitez vous ? »
« Oh, à quelques rues d'ici, plein centre. Mais je vous emmène, montez ! » dit il avec un sourire en coin en me regardant.
Par Malycia
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 15:25
Il nous fit entrer dans son appartement, à quelques rues du lieu de notre rencontre, comme il l'avait dit. Il débarrassa en vitesse la table basse de son petit déjeuner du matin, puis ramassa les 2 jeans et les 3 pulls qui jonchaient le canapé, avant de nous proposer de nous asseoir.
Un peu gêné, il dit : « Allez y, installez vous, ne regardez pas le bazar, je vais mettre en route le café »
Nous avions bien vu le désordre dans son appartement, mais ça nous était bien égal. Lauren et moi chuchotions, parlant de ses yeux magnifiques et de son accent à tomber à la renverse.
« Je te le laisse me dit elle dans un murmure, bon anniversaire !»
Il passa devant nous, et je me mis à rougir... Avait il entendu ce que Lauren venait de me chuchoter ?
« J'arrive, je vais me changer » Il repassa deux minutes plus tard vêtu d'un jean et d'un tee-shirt, et revient avec un plateau, une cafetière, et trois tasses.
« Lauren , tu veux du sucre lui proposa t'il , on peut se tutoyer non... ? Vous en pensez quoi »
Nous acquiescions toutes les deux. Il servit nos cafés, puis sortit les documents nécessaires au constat et rédigea sa partie. Il le tendit à Lauren, qui en fit de même. Cette histoire était réglée.
Une vibration se fit sentir sur le canapé, suivie d'une sonnerie qui provenait du sac de Lauren. Elle attrapa en vitesse son portable, et prit l'appel.
« Allo, oh, salut papa ! Oui, je vais bien, pourquoi ? Ah, oui, je me suis fait rentrer dedans, mais tout va bien, ne t'en fais pas. Je suis en train de faire le constat. »
Elle écouta en silence, levant les yeux au ciel.
« Son père est flic dis je à Léo, il a du voir sa voiture dans la rue... A mon avis, il doit être furieux... »
« Je suis vraiment désolé, j'ai eu une sale journée, j'étais ailleurs et je ne vous ai pas vu... »
Je haussai les épaules en hochant la tête... De toutes façons, c'était fait maintenant.
Lauren raccrocha, visiblement agacée.
« Bon, je dois y aller me dit elle le visage fermé. Mon père... il a vu la voiture, il en fait toute une histoire et il veut que je rentre tout de suite. Je te ramène ? Super soirée pour ton anniversaire, je suis désolée ! »
Je n'avais pas vraiment envie d'y aller, et visiblement, Léo ne tenait pas à ce que je parte toute de suite.
« Je peux te ramener un peu plus tard si tu veux, me dit il .
Lauren, qui remettait son manteau et qui était juste derrière lui, me fit des signes encourageant et hochait la tête. Je lisais sur ses lèvres « dis oui, dis oui, dis oui !!! »
Je ne pus réprimer un petit sourire en coin.
« Je veux bien si ça ne t'embête pas. Merci ! »
« Restez la tous les deux, je vais y aller à pied. C'est tout près d'ici ! Merci pour le café ! Emma, tu m'appelles demain matin !»
« Pas de problème ! Bon courage avec ton père ma pauvre ! »
Elle claqua la porte. Nous étions seuls à présent. Il vint s'asseoir à coté de moi.
Par Malycia
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 15:25
« Drôle de soirée pour fêter ton anniversaire... Quel âge ...? »
« 19 ans. C'est pas très grave pour mon anniversaire... Et puis la soirée n'et pas si ratée que ça finalement... enfin, sauf pour Lauren... »
Il me sourit en plongeant son regard dans le mien. Je le sentais troublé... et je l'étais moi aussi.
« Alors, parle moi un peu de toi ! Age/Profession/Situation des parents ! » repris je en riant pour briser le silence.
Il riait lui aussi. Et comme commençait à tout me dire. L'Italie, la mort de ses parents, Seattle, son boulot... Jamais rassasiée de sa voix, je me délectais de ses paroles. Puis ce fut mon tour, je lui fis un rapide résumé de ma vie, et nous restions tout la nuit ensembles à discuter.
« A discuter ! s'écriait Lauren le lendemain matin dans le magasin. « j'attendais des détails plus croustillants ! »
« Nous devons nous revoir ce soir, je te raconterais ...! »
Cette première nuit fut en fait le début de notre histoire. Le soir même il s'approchait doucement de mes lèvres et lorsque je sentis les siennes sur les miennes, ce fut une évidence. C'était lui. Lui avec qui je voulais être, lui que j'avais toujours attendu, lui avec qui j'allais construire une famille. Ses lèvres étaient douces, une vraie caresse sur les miennes. Je me serrais contre lui, j'avais besoin de le sentir contre moi, il me prit dans ses bras, tendre et protecteur.
Deux mois plus tard, alors qu'il m'avait invité à dîner au restaurant, il se leva soudain de sa chaise posa un genoux à terre devant moi. Il sortit un petit écrin de sa poche et plongea son regard dans le mien.
« Emma, veux tu devenir ma femme ? »
J'acceptais devant les applaudissements de quelques voisins de table qui avait vu la scène. Nous ne les entendions pas, nous étions seuls au monde, nous vivions un rêve, nous nous étions trouvés l'un l'autre pour l'éternité.

Pourtant, quelques mois plus tard, mon rêve se brisa. Alors que je l'attendais, on sonna à la porte. Impossible que ce soit déjà lui, il ne rentrerait pas avant 23h... affamé, puisque sa réunion d'affaire se terminerait tard, et qu'avec ses deux heures de route, il préfèrerait ne pas s'attarder pour manger...Il voulait être rentré chez nous le plus tôt possible.
Par Malycia
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 15:26
« Emma, c'est moi, ouvre! dit elle en tambourinant ma porte.
Elle avait l'air complètement affolée, qu'est ce qui se passait ?
J'ouvris la porte et je la vis devant moi, le visage ruisselant de larmes.
« Lauren, mais que se passe t'il, pourquoi tu pleures ?! »

Je paniquais. Je pensais à ses parents, à sa santé, à une éventuelle agression qu'elle aurait pu subir. Les pensées se bousculaient dans ma tête devant la vision de son visage dévasté.
« J'ai eu mon père au téléphone, je l'ai dissuadé de venir te voir, je préférais venir te le dire moi même... même si maintenant je ne sais pas comment m'y prendre ni par ou commencer »
Un vent de panique m'envahit à nouveau. Comment ça ? m'annoncer quoi ?
« Il est arrivé quelque chose » murmura t'elle dans un souffle. Un long silence s'installa entre nous. Je continuais à la regarder tandis qu'elle fixait le sol. Quand elle leva les yeux vers moi, j'y vis tellement de détresse et de tristesse que je préférais un instant qu'elle ne se taise.
L'espace de quelques secondes, je cherchais quelques indices dans la lueur triste de ses yeux. Jamais je n'avais vu dans son regard pareille intensité, une intensité qui me mettait mal à l'aise, car j'en ignorais sa signification.

« C'est Léo, reprit elle, la voix tremblotante. Il a eu un accident.
Je la regardais, sans un mot, un frisson me parcourant le dos.

« Mais, ou est il ? est ce qu'il est ... ?
Le mot ne sortait pourtant pas de ma bouche. Il resta en suspend, comme si, tant que je ne le prononçais pas, il resterait encore en vie. Elle remua doucement la tête de gauche à droite.

« Il est mort sur le coup reprit elle, je suis désolée. Puis elle éclata en sanglot, adossant au mur et se laissant tomber par terre, les jambes repliés contre son torse. Elle pleurait à chaudes larmes, la tête dans ses mains.

Je restais silencieuse, complètement sonnée... Comme si le temps c'était arrêté. Comme si je ne vivais plus, moi non plus.

J'eus la nausée, je commençais à étouffer, je ne comprenais pas. C'était impossible, il allait arriver d'une minute à l'autre, il devait arriver d'une minute à l'autre. Non, je n'y croyais pas, j'allais me réveiller, ça ne pouvait être qu'un cauchemar.

Je me vis dans le miroir, des larmes coulaient sur mes joues, sans même que je m'en sois rendue compte.

Je ne ressentais plus rien, rien a part une douleur qui me donnait envie d'hurler, une souffrance profonde, plus douloureuse que ce que j'avais pu ressentir jusque là. Et pourtant, personne ne pouvait la voir, pas même moi. A la manière d'un amour passionné, elle me brulait, m'embrasait, je prenais feu . Elle me déchirait, j'avais envie d'hurler, et dans le même temps, elle me paralysait, je ne voulais plus être là, je voulais oublier, je ne pouvait ni ne voulais pas affronter cette réalité là.

C'était trop pour moi, je ne pouvais pas supporter ça.

Tout à coup, la douleur laissa place à la colère, et je m'arrachais presque le collier qu'Il m'avait offert. Il me semblait qu'il pesait une tonne, qu'il me brûlait, qu'il m'étouffait, m'empêchant de respirer convenablement.

Il était le symbole de son abandon.

Car oui, il m'avait abandonné. Il m'avait laissée seule, j'avais besoin de lui maintenant, et il n'était pas là.

« C'est arrivé sur l'autoroute à hauteur de Forks, poursuivait elle. Il a perdu le contrôle de sa voiture, peut-être qu'il s'est endormi.. ou bien qu'il a voulu éviter quelque chose. Il est le seul impliqué dans l'accident. Sa voiture a fait deux tonneaux, quand les secours sont arrivés, il était déjà trop tard. »
Par Malycia
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 15:27
Lauren ne voulait pas s'en aller. Je la comprenais, si ma meilleure amie avait perdu son mari, je n'aurais pas voulu la laisser seule...
J'insistais pourtant.
- Va t'en Lauren, ça va aller, j'ai besoin d'être un peu seule.
- Mais non, je veux rester avec toi...
- Non, pars, s'il te plait.
Ma voix tremblait, mes larmes n'avait cessé de couler depuis la nouvelle.
- Je veux vraiment être seule, ne t'en fais pas.
- Je ne peux pas te laisser comme ça Emma !
- Va t'en ! criais je Ne t'en fais pas, ça va, j'ai besoin d'être seule à présent.
Elle se leva doucement, à regret, et me dit.
- Ne fais pas de bêtise Emma, j'ai besoin de toi.
Je me radoucit et lui dit :
- Je ne ferai pas de bêtise, j'ai juste besoin de me retrouver
Je me levais pour l'embrasser avant qu'elle ne parte, et je la remerciais d'être venue elle même, plutôt que d'avoir laissé son père m'annoncer la nouvelle. Policier, c'était lui qui serait venu taper à ma porte pour tout m'apprendre. Il lui avait fallu beaucoup de courage.

La nuit fut interminable.
Ma vie s'était arrêtée, je ne dormais pas, je mangeais pas, ne bougeais pas. Prostrée, j'attendais que les heures passent.
Quand la lueur du soleil apparut, je me demandais comment s'étaient passées les dernières minutes de Léo... Je ne connaissais pas la route qui lui avait ôté la vie, ni les circonstances exactes de l'accident. Je ne pensais plus qu'à ça.
Pourquoi ? Où ? Comment ?
Bien sûr, je savais déjà que je n'aurais sans doute jamais de réponses aux questions « pourquoi et comment » étant donné que personne n'était présent sur le lieu de l'accident. Lauren m'avait dit qu'à priori, il n'y avait aucun témoin, amenuisant considérablement les chances de connaitre un jour la vérité.

Peut être pourrais répondre au « où » ? En début d'après midi, exténuée, sans avoir dormi ni mangé, je décidais donc de me rendre sur les lieux de l'accident. Je pris l'ancienne voiture de Léo, et démarrais en direction de Forks.

Je ne vis rien du trajet. Le visage de Léo flottait dans mon esprit. En arrivant sur Forks, j'essayais d'être plus attentive. Quand je vis les traces de pneus sur l'autoroute, les débris de verre au sol et la rambarde de sécurité endommagée, je me sentis défaillir. Je pris la 1ère sortie, sans savoir où je me rendais. Quelle importance de toutes façons ?

Je m'arrêtais à l'orée d'une forêt, ne sachant plus très bien ce que j'étais venue faire là. Perdue, errante, et terriblement seule, je décidais d'y pénétrer.

Je m'éloignais peu à peu de ma voiture, le bruit de la route se faisant de plus en plus discret. Je marchais un long moment, sans avoir conscience du temps qui s'écoulait. J'errais, je ne pensais plus, ma direction n'avait plus aucune importance. Je vis au loin, au cœur de la forêt, une maison magnifique, immense, imposante. Je bifurquais, fuyant de toutes façons la compagnie de qui que ce soit.

Je marchais encore un bon moment, et le ciel commençait à s'assombrir. Déjà la nuit ? Je n'avais pas vu passer le temps.

J'errais péniblement, mes pensées se bousculant dans ma tête...Je parlais parfois à voix basse, sans même entendre ma voix. Je ne savais plus qui j'étais, je ne ressentais plus la pluie sur les cheveux, ou le froid s'engouffrant dans mon manteau, que je n'avais pas pris soin de fermer... J'étais en souffrance, je n'étais d'ailleurs plus que souffrance, le vide en moi me consumait.
La nuit était tombée, et les grandes silhouettes noires des arbres se dressaient autour de moi.
Par Malycia
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